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La "Dévote chapelle" et ses premiers pèlerins XVIe siècle
Les pèlerinages de Pierre Geoffroy et Léonard de Trapes
Le pèlerinage aux XVIe et XVIIe siècles
Le renouveau du pèlerinage au début du XIXe siècle
De nouveaux pèlerins à la fin du XIXe siècle
L"organisation du pèlerinage aujourd'hui

Par Raymond Descomps - Notre-Dame de Bétharram - O.E.I.L. - 1984

La "Dévote chapelle" et ses premiers pèlerins XVIe siècle

Ainsi appelait-on la chapelle primitive, élevée face au pont du Gatarram. L'étroitesse de la berge ne permettait qu'un édicule, dont on n'a jamais retrouvé de vestige certain. D'ailleurs, à qui aurait servi une église plus grande ? Ces confins du Béarn, récemment peuplés, n'étaient guère connus. Le voyageur de Saint-Pé-de-Bigorre passait par Montaut et empruntait le chemin du Sempérès.

D'autres lieux de pèlerinage renommés s'étaient depuis longtemps déjà développés : Notre-Dame de Muret et de Berlane, en Béarn ; Sarrance, en vallée d'Aspe.

Une modeste chapelle suffisait aux passants qui voulaient traverser le gave à cet endroit dangereux. On peut s'en faire une idée par des peintures du XVIIe siècle ou les descriptions des auteurs qui parlent de sa destruction en 1569.

Pour Marca, c'est « une pauvre et petite chapelle ». Le jésuite François Poiré (1643) avoue qu'elle était plus considérable par les merveilles dont elle était le théâtre que par ses dimensions. Le poète Labastide' a retenu, lui, l'image « d'une masure faite de roches mal jointes ».

D'après le Traité des Merveilles, revu par les chapelains du XVIIe siècle, on y montait par un escalier de treize marches. C'est bien en effet une chapelle précédée d'un haut perron qui figure sur une ancienne médaille conservée à Bétharram. Une douzaine de marches, c'est la dénivellation vérifiable aujourd'hui entre le sous-sol de la chapelle (niveau de l'ancien chemin) et le bas-côté droit, dit de la « Pastoure », où l'on a repéré le plus de vestiges anciens.

 

Des travaux effectués en ce même point, en 1977, nous réservaient une surprise. Le ravalement du mur séparant le choeur actuel du bas-côté droit, fit apparaître un arceau de 3 mètres de haut, en belle pierre de taille, englobé dans le mur. Il s'ouvrait vers le gave. Reste de la «dévote chapelle» incendiée par les protestants ? De toute façon, une relique vénérable. Les populations établies sur les rives du gave au XVIIe siècle n'ont pas attendu les éclaircissements historiques pour venir se confier à la Vierge du Gatarram, et lui demander la délivrance de leurs misères. Poiré rapporte qu'arrivés en vue de la chapelle, les pèlerins achevaient la route à genoux, une chandelle à la main.

On peut voir aujourd'hui, ornant l'appui de la tribune de l'orgue, d'anciennes peintures du début du XXVIIe siècle. Elles représentent les premières et pitoyables processions de malades. On voit d'abord deux voyageurs, la musette en bandoulière, arrivés devant la chapelle, et accueillis par un troisième personnage (le chapelain ?). Un autre tableau représente un groupe de « boiteux et pieds torts », bardés de béquilles.

 

Ils tombent à genoux devant la chapelle. Plus loin, c'est un paralysé que deux hommes portent sur un brancard. Enfin, voici des femmes, des hommes, aveugles, à genoux près d'une fontaine ; ils se lavent les yeux. On n'oubliait pas au retour de porter une cruche d'eau à la maison. Une dernière peinture nous montre une sorte de salle d'hôpital. On y voit trois lits de malades, et on peut lire : « Paralytiques guéris, s'étant fait porter de l'eau de la même fontaine. »

 

Il ne manque pas de sources au pied de la colline du Gatarram. Il était seulement curieux de constater que celle qui sortait près de la chapelle possédait des vertus thérapeutiques particulières ! ... A moins que ce ne fut la foi de ceux qui s'y lavaient.

Un fait est certain. Dès la fin du XVe siècle, près du pont du Gatarram, la dévotion à la Vierge est en plein épanouissement. La chapelle est desservie par le curé et le vicaire de Lestelle. Elle est devenue le centre d'une Confrérie, et reçoit de nombreux legs. Ainsi, le 6 juin 1493, Bertrand d'Abbadie de Montaut laisse un florin « aux claviers de la Confrérie de Notre-Dame- du-Gatarram ». Le 12 mai 1516, l'abbé Bernard de Batcave faisait un legs à Gatarram.

Prières et dons, pèlerinages et guérisons, c'étaient le signe manifeste de la présence de la Mère de Dieu.

Mais la prospérité de la « dévote chapelle » allait elle durer ?

Les pèlerinages de Pierre Geoffroy et Léonard de Trapes

1614 - Fondateur des chapelains de Notre-Dame de Garaison

David Bequel voulait, sans plus tarder, inaugurer sa chapelle. Il fallait sortir le peuple de sa torpeur, doublée ici de la méfiance béarnaise. Dans ce but, il invita Pierre Geoffroy, qui venait de rétablir le pèlerinage de Notre-Dame de Garaison, en Bigorre. Pierre Geoffroy, bravant craintes et menaces, partit avec « six prêtres et la musique de son église », sous les yeux de ceux qui voulaient l'en dissuader. Le voyage se transforma en pèlerinage-fanfare.

Il est vrai qu'il s'était assuré les services de Monsieur de Miocens, le puissant baron de Coarraze. L'accueil avait été bien organisé, car, de Coarraze, le groupe alla faire un détour par Nay, petite capitale protestante. Mais l'église avait été pillée, vidée. Qu'importe ? Une messe très pieuse fut célébrée « dans une petite cabane ». Après quoi, tout le monde partit en procession vers Lestelle.

Cette population, à qui on n'avait servi, depuis bientôt cinquante ans, que les prêches vides des pasteurs, avait faim de la Parole de Dieu. Mais comment la lui faire entendre au milieu de ces rochers ? L'instruction fut donnée sur la place centrale de Lestelle devant 5 000 catholiques.

On avait voulu une simple inauguration ; on eut un triomphe.

1616 - Archevêques d'Auch

Dix-sept ans déjà que l'édit de Fontainebleau était signé. A l'exception de quelques centres reconnus, les prêtres ne pouvaient pas exercer leur ministère, sinon sans apparat et à l'intérieur des maisons. Le duc de La Force gouvernait le Béarn et entendait défendre les privilèges des chefs protestants. La guerre civile pouvait se rallumer d'un moment à l'autre. Le mois de juillet 1616, « à six heures du matin », la duchesse de La Force écrivait : « Il (Léonard de Trapes) est venu sous prétexte de porter une image de Notre-Dame en Ossau, et est présent à Nay. Toutes ces promenades me sont suspectes. »

On croirait entendre Jeanne d'Albret. Mais la Reine n'avait pas survécu longtemps aux incendies et aux pillages de 1569. Elle était morte à Paris en 1572, âgée de 44 ans.
En fait, qu'en était-il des « promenades » de l'archevêque d'Auch ? Un document, découvert dans l'ancienne bastide de Bruges « en Ossau », nous éclaire :

Jean Gassie alla à la procession générale qui fut ordonnée pour aller chercher, à Notre-Dame de Garaison, Notre-Dame de Bétharram.

Ce témoignage confirme les craintes de la duchesse protestante.

C'était une statue de la Vierge tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. Un prêtre, pieds nus, portait la statue dans ses bras. Pierre Geoffroy, plusieurs chapelains et les musiciens de la chapelle faisaient partie du cortège auquel se joignirent, à leur passage à Tarbes et à Lourdes, de nombreux catholiques. A Saint-Pé, une procession importante se forma, à la tête de laquelle s'avançaient des ecclésiastiques, les religieux de l'abbaye et la noblesse du pays. L'air retentit d'hymnes et de cantiques qui portèrent la confusion dans le coeur des hérétiques. Au dire de Marca, qui se trouvait parmi les assistants, près de 6 000 catholiques, accourus des paroisses voisines avec leurs croix et leurs bannières, se trouvèrent réunis devant la « dévote chapelle ». L'archevêque d'Auch y célébra la messe avec une grande dévotion, et plaça la statue qu'il avait apportée au-dessus du maître-autel.

Notre-Dame se montrait de nouveau, bel et bien, sur les bords du gave. Si quelques-uns en Béarn en éprouvèrent des insomnies, beaucoup plus nombreux ceux qui viendront désormais admirer le sourire de la Vierge-Maman, la ravissante statue de Léonard de Trapes.

En 1614 le pèlerinage de Pierre Geoffroy avait résonné comme une fanfare. Le pèlerinage de Mgr de Trapes venait de faire entendre sous le ciel du Béarn un carillon de Pâques.

Le pèlerinage aux XVIe et XVIIe siècles

Le pèlerinage de Bétharram au XVIIe siècle peut revendiquer en sa faveur un témoignage de poids. Le 29 janvier 1659, Monsieur Vincent écrivait à Monsieur Cruchette, chanoine de Tarbes :

Il est vrai qu'on a pensé à notre petite Compagnie pour Bétharram, et feu M. Charpentier a été le premier qui m'en a fait la proposition, il y a près de 20 ans, mais jusqu'à maintenant, Dieu ne nous a pas trouvés dignes de le servir en ce saint lieu... Premièrement, je crains que notre chétivité, qui est grande pour le nombre, la qualité et la vertu des ouvriers, nous empêche encore d'accepter l'honneur qu'on nous présente.

Ne fallait-il pas que la renommée du pèlerinage fut grande pour que le saint fondateur de la « Compagnie » reculât devant cette mission. Même quand on sait que l'humilité de saint Vincent exagérait cette « chétivité ». Cependant quatre mois après, il écrit à Monsieur Guillaume Cornnel, désigné pour devenir Supérieur de Bétharram :

Il est question d'un établissement de la Compagnie, en un lieu de grande dévotion, et si ce n'est le second, c'est au moins le troisième le plus fréquenté du royaume. C'est Notre-Dame de Bétharram, où il se fait souvent des miracles "...

Ainsi, en 1659, saint Vincent de Paul plaçait Bétharram après Chartres ou Le-Puy-en-Velay, pèlerinages qui avaient la renommée que l'on sait.
Dès le XVIIe siècle une tradition remarquable s'institua : des villages entiers organisaient une marche chaque année, à une époque déterminée. De toutes les paroisses, Bruges (en vallée d'Ossau) fut la plus empressée à venir à Bétharram, dès 1623.

D'après les comptes de la ville, les pèlerins, au nombre de mille ou de quinze cents, marchaient en corps, précédés de la bannière de saint Martin et du Clergé. Des rangeurs assuraient l'ordre. À Bétharram, la messe était chantée au son de l'orgue par la maîtrise de la chapelle, et les jurats se présentaient à l'offrande un cierge à la main. Le clergé et le corps de la ville dînaient avec les chapelains, puis venait la distribution des pourboires où personne n'était oublié. Avant leur départ, les jurats laissaient une somme pour des messes et déposaient au « bassin » de la chapelle un don gratuit en argent..

Lestelle faisant son pèlerinage le matin de l'Ascension et le soir du 15 août, le conseil municipal en tête. Parmi les plus fidèles, encore le village de Montaut ; surtout Asson que Bétharram reçoit chaque année le lundi de la Pentecôte.

Plus impressionnants, les pèlerinages des confréries de pénitents. Pierre Julien, notaire royal à Montaut, mentionne au 2 octobre 1780 le passage des pénitents blancs, ainsi nommés à cause de la couleur de leur longue tunique à capuchon pointu :

Au nombre de 22, ils arrivèrent à Montant vers les trois heures de l'après-midi. Ils furent accueillis à la Croix des Sarrusses... Ensuite, ils furent conduits jusqu' au pont de Bétharram où les chapelains les reçurent et les introduisirent dans leur église. »

Le renouveau du pèlerinage au début du XIXe siècle

Dix ans après le passage de Monestier, la chapelle du pèlerinage avait repris son allure de Haut-Lieu de la Prière. Les villages de la région avaient renoué avec l'ancienne tradition d'un pèlerinage annuel et solennel. Dès 1804, Bruges, le premier, profite du Concordat. Puis, Lestelle, Montaut, Asson, Lamarque choisissent les dates qui leur conviennent. Voici un témoignage inattendu :

Du pied du château où est né Henri IV, jusqu'au village où il a été nourri, je me suis promené sous le ciel le plus beau, dans le plus beau des paysages, à la suite d'un grand nombre de vieillards, de jeunes gens, de jeunes filles qui allaient en pèlerinage au Calvaire de Bétharram. Le jour de la Saint-Jean, tous les villages du Béarn envoyaient une députation à ce Calvaire. On n'entendait que des cantiques et des psaumes sur la route ; les jeunes filles, les enfants portaient des faisceaux de fleurs. Un vieux prêtre qui, pendant cinq ans, s'est tenu caché dans les souterrains de Bétharram, marchait à leur tête. Le soir, tous les sommets des montagnes voisines ont été illuminés des feux de la Saint-Jean, selon l'usage antique de ce pays. Je n'ai jamais vu de spectacle plus ravissant.

Ce « pèlerin », c'était le grand Maître de l'Université, Monsieur de Fontanes

Les chroniqueurs ont gardé le souvenir du pèlerinage que firent à Bétharram, le 26 septembre 1820, les Pénitents Blancs de Monléon-Magnoac. Ils traversèrent la Bigorre marchant à pied, deux à deux, en récitant des prières. En tête, marchait, nu-pieds, un prêtre qui en avait fait le voeu, s'il survivait à la Révolution.

La présence du petit, puis du grand Séminaire à Bétharram, durant vingt-cinq ans, donna aux cérémonies de la chapelle un grand éclat. On venait de loin pour s'imprégner de prière communautaire, pour se sentir en Église et aussi écouter de beaux chants.

Le service intérieur de la chapelle doublait pendant l'été. Les prêtres savants, professeurs au grand Séminaire, donnaient du renom à la chapelle. On accourait à leurs sermons. Monsieur Lassalle, en particulier, « attirait l'élite cultivée du pays ».

Ces manifestations religieuses répondaient sans doute à un besoin de religion. La popularité du pèlerinage attira aussi à Bétharram d'illustres pèlerins, qui venaient d'au-delà du Béarn ou de la Bigorre. Un nouveau type de pèlerinage apparaissait qui s'amplifiera au long du XIXe siècle : à la faveur des routes nouvellement créées, les voyages se multipliaient.

On sait que la chaîne des Pyrénées a été la dernière contrée de France à être explorée au XIXe siècle. Attirés par les eaux thermales des Pyrénées, les Grands et tous les gens aisés inauguraient ce que l'on aurait pu déjà appeler le tourisme. A grands frais de carrosses et d'attelages, ils se déplaçaient de stations thermales en lieux de villégiature, et de sanctuaires en lieux de pèlerinage, laissant, en souvenir de leur passage, des dons précieux qui sont aujourd'hui des trésors de musée. Celui de Bétharram en est un exemple.

Ainsi, en 1807, la reine Hortense visite Bétharram et laisse une « aumône royale » pour l'achèvement du calvaire. Le mois de juillet 1823, grand émoi à Bétharram : la duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI, partant de Saint-Sauveur, vint prier longuement à la chapelle, et tint à gravir les pentes du calvaire. Cinq ans après, c'est la duchesse de Berry qui vint faire ses dévotions à Bétharram. Elle fut reçue en grande pompe par les autorités départementales; mais ce pèlerinage se nuançait de quelque propagande politique.

Commençaient aussi à paraître, à cette époque, les récits d'explorations et de voyages dans les Pyrénées. Bétharram se trouva souvent sur le trajet des voyageurs. La comtesse de Granville décrit la chapelle, et le calvaire « où l'on souhaiterait plus d'art et de dignité ». Allusion à l'essai de restauration du père Joseph.

Bétharram est devenu une sorte de carrefour pour pèlerins et voyageurs. Des échos variés parviennent à l'équipe de Monsieur Lasalle, apportant une image de la Société et de l'Église. Un immense chantier, ouvert. Il y a du beau travail en perspective. L'Église pourra y investir des ouvriers d'élite, mais d'où viendront-ils ?

De nouveaux pèlerins à la fin du XIXe siècle

En même temps que les pèlerinages traditionnels du Béarn et de la Bigorre, Bétharram recevait de plus en plus des pèlerins étrangers, de toute la France. Sous les yeux étonnés de ceux qui, en 1858, avaient tremblé pour Notre-Dame de Bétharram, Lourdes envoyait beaucoup de monde. Ces pèlerins s'ajoutaient souvent aux fidèles qui assistaient, plus nombreux que de nos jours, aux fêtes liturgiques ordinaires.

14 septembre 1885 : un temps magnifique a favorisé le concours. Aussi, pèlerins nombreux, attitude religieuse et édifiante, confessionnaux encombrés ; cependant, depuis midi, nous sont arrivés de toutes parts soit par voiture particulière, soit par chemin de fer, des promeneurs en très grand nombre, qui n'ont pris part ni au chemin de croix, ni à la bénédiction du T.S. Sacrement. Pendant ce pieux exercice, une foule compacte couvrait l'avenue de Lestelle à Bétharram et les alentours de la chapelle. Cet abus offre, à côté du recueillement des pieux pèlerins, un aspect mondain qui fait un contraste fâcheux en ces jours et en ces lieux.

Le chroniqueur de 1984, soit 100 ans après, ne peut que soupirer : «Déjà»

Le 23 août 1891, un groupe de 450 Parisiens, arrivés à 8 heures par le train, « sont montés au calvaire malgré le mauvais temps... Le soir, ces mêmes pèlerins, malgré une pluie torrentielle, sont repartis en procession pour un deuxième chemin de croix ».

Le mouvement des pèlerins et des simples curieux n'allait pas sans créer, aux portes du sanctuaire, un encombrement inhabituel. Les chroniqueurs voyaient d'un mauvais oeil le mélange de « promeneurs » et de « pieux pèlerins ».

La question de la protection de l'environnement continuerait à se poser, et la municipalité de Lestelle fit paraître plusieurs arrêtés de police :

28 juillet 1891 : « Défense est faite aux marchands qui sont devant la chapelle de Bétharram d'aller au devant des étrangers. » Les gens étaient en effet choqués des manœuvres des marchandes de cierges, essayant de forcer la main aux visiteurs. Pour les voir disparaître avec leurs misérables étalages, il faudra attendre encore 50 ans ! (En 1940.)

19 août 1898 : Si le père Chirou avait orné la petite place qui s'étend devant la chapelle d'une monumentale fontaine en fonte, ce n'était pas pour que les ménagères des environs y déballent les batteries de cuisine. D'où l'arrêté municipal : « Défense de laver ou de fourbir à la fontaine Saint-Roch, devant la chapelle de Bétharram, du linge, des légumes, des ustensiles, etc. »

Bien sûr, la municipalité de Lestelle se préoccupait de protéger « son » sanctuaire, qui attirait du monde au village, et surtout des étrangers. Mais il n'est pas difficile de deviner, à travers ces arrêtés de police, l'inspiration des chapelains, plus soucieux de piété et d'ordre que de linge rincé sous le signe de saint Roch.

L"organisation du pèlerinage aujourd'hui

Le grand pèlerinage de l'année à Bétharram a lieu au mois de septembre, à l'occasion de la fête de l'exaltation de la Sainte Croix (14 septembre).

Tandis que les visites rapides des fidèles pendant l'été reviennent à l'initiative des directeurs de Pèlerinages, les fêtes de septembre sont organisées par les chapelains de Bétharram. On y retrouve le caractère d'un pèlerinage local ; les pèlerins viennent, en très grande majorité de la Bigorre voisine ou du proche Béarn. Pèlerinage populaire des gens de nos campagnes, aimant leur terre avec ses sanctuaires ; démarche de foi qui se maintient depuis des siècles. On sent que ces chrétiens viennent, non plus en touristes, mais en fidèles habitués, pour prier la Vierge de chez eux ; on les sait chez eux, et on a quelque raison de croire aussi que Notre-Dame de Bétharram les reconnaît.

Le programme :

  1. La Veillée de prière
  2. La célébration du Calvaire
  3. Le chemin de croix solennel

Autres pèlerinages :

  • 14 mai : Saint-Michel Garicoits
  • 28 juillet : Notre Dame de Bétharram

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