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La Galotte

Lorsque nos aînés nous parlent de la Galotte et de son moulin, nous apercevons dans leur regard cette lueur qui leur rappelle des lieux idylliques de même que des souvenirs de jeunesse inénarrables
Mais, au fait, savez-vous tous ce qu’ils dénommaient ainsi et où se situait le moulin ? Ce dernier se trouvait à proximité de l’actuelle salle des fêtes, là où l’on peut voir un parterre de pelouse (bordure du chemin du Vieux Moulin). Son alimentation en eau provenait d’un bras du Gave, appelé « Canal du moulin ». Deux ou trois vannes permettaient d’évacuer ou d’alimenter l’eau nécessaire au fonctionnement du moulin, celui-ci ayant besoin d’un certain débit pour travailler.
Attardons nous sur l’histoire de ce moulin. Sa construction est attaquée en 1553. Le 28 janvier 1574, on trouve trace de sa vente à Jean d’Abadie, Seigneur d’Igon, qui se rend acquéreur pour 950 écus et un tonneau de vin. Le nouveau propriétaire le rebâtit l’année suivante (1575) et il grave son nom de même que cette date sur un linteau ouvragé que les plus anciens parmi nous ont pu contempler à loisir.
Les chapelains de Bétharram l’acquirent le 12 septembre 1635, contre la somme de 2000 livres tournois, avec le vivier, le parc à pourceaux et les terres comprises dans l’enclos. Ils prirent à leur charge la redevance de 25 livres à payer au domaine royal. D’après une clause dans le contrat de vente, les hommes et les femmes de Lestelle devaient une corvée de deux jours de travail pour l’entretien des digues et du moulin. Ils se libérèrent de cette charge en payant une rente de 25 livres à la Communauté.
Puis arrive la Révolution française. Après la spoliation, le moulin est mis en vente avec son jardin. L’estimation est portée à 2800 livres ; c’est le Sieur Jean Pommé (de Boeil) qui devient le nouveau propriétaire pour la somme de 2200 livres. L’acte date du 27 juin 1791. Il faut attendre 1892 pour retrouver signe de ce moulin, dont un voisin de Montaut devient propriétaire : M Matardonne. Il le loue à Léon Cazenave-Lasbats, aïeul des Labes et des Cazenave-Lasbats.
En 1896, Bétharram rachète ce qui naguère était son bien. Mais le moulin est très vite confisqué parmi les biens de l’Eglise. Léon Cazenave-Lasbats dut payer durant quatre années un certain Maître Château (un palois) avant que ce moulin ne devienne propriété de la maison Lartiguau à Montaut.
Notre ancien Lestellois sera meunier jusqu’en 1951, sur le territoire de la Galotte et il continuera ce noble métier avec son fils Jean-Baptiste, dans la maison actuelle confinée entre les rues Gaston de Foix et Peyrounat. Le père et le fils y bâtirent leur nouveau moulin électrique à moteur vertical. C’est là que nous retrouvons leur descendance : deux fils, une fille 14 petits-enfants. Après la disparition de Jean-Baptiste, le moulin cessa de tourner. Une page de Lestelle était définitive tournée …

Michel Cazenave-Lasbats

Confidence de la Galotte

Léon occupé au moulin de la Galotte, c’est Jean-Baptiste qui effectuait les tournées afin de ramener dans les villages avoisinants le grain afin de la moudre. Il effectuait le trajet avec une charrette tirée par un superbe cheval noir, répondant au nom de « Bijou ».
Des clochettes autour du cou du cheval annonçaient le passage du meunier. Au fils des années, « Bijou » fut remplacé, progrès oblige, par un camion : D3 A Peugeot.

Beaucoup de Lestelloises et de Lestellois se rappellent du magnifique plan d’eau le long du Saillet.
La démolition du moulin (dont les ruines devenaient dangereuses) fut entamée en 1964.

Un grand merci au Père Leborgne, qui à l’aide de documents (notamment le livre d’Henri Lassalle « Un Sanctuaire Béarnais : Notre Dame de Bétharram ») a permis de retracer la vie du moulin à travers le temps.

Lestelle Bétharram - Le Pont de la Galotte et la construction du fronton

Le Pont de la Galotte et la construction du fronton

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