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Au fil des ans, avec les mentalités et les goûts interchangeables de la société et des individus qui la composent, la fête patronale se doit d'évoluer. Autres temps, autres mœurs! Ceux qui commencent désormais à voir leurs tempes grisonnantes ou le cheveu se faire rare se souviennent de leur époque où, jeunes, ils attendaient ces festivités.

La fête se déroulait sur la Place Saint Jean, à l'ombre des tilleuls. Elle débutait le samedi pour se terminer le lundi, voire le mardi matin plutôt! Les attractions foraines battaient leur plein et pourtant, se comptaient très nombreuses: pousse-pousse, chenille, balançoires, tirs, loteries et manèges enfantins. C'était le temps de gloire des orchestres: les chemises jaunes ou les chemises rouges de Pontacq donnaient l'aubade et combien de couples se sont formés aux sons mélodieux de leurs airs envoûtants? Le lundi soir, on guinchait chez ARIS. L'orchestre placé en haut de la grange animait l'ultime soirée. Les Trois de Bruges (ainsi appelait-on les habitués du perchoir) faisaient tourbillonner les danseurs grâce à la java bleue, au tango des fauvettes ou à la valse viennoise. L'estrade réservée aux bals du samedi et du dimanche était adossée à la fontaine de l'époque. Le feu d'artifices crépitait depuis la place.

Le dimanche matin, les conscrits du sexe dit fort entamaient la sérénade à bord d'un camion frété à l'occasion et décoré de bambous par l'entreprise ARIS. L'orchestre et les conscrits prenaient place à l'arrière, s'arrêtant chez les gens et devant les cafés. Les buvettes étaient tenues par les trois limonadiers de la place: ARRICAUD au Béarn, ARIS au Petit Chez Soi et DUBOURG au Central, alors installé à l'actuelle villa Palermo. On notera qu'à une certaine époque les demoiselles conscrits ne sortaient qu'avec maman et ne participaient pas aux divers travaux des alter ego masculins. Le bal du dimanche débutait de bonne heure, aux alentours de 16 heures, sorte d'apéritif musical en quelque sorte. Certains se souviennent d'orages épouvantables les dimanches de Saint Jean.

Le lundi après-midi se voulait récréatif Consacré à la jeunesse, les responsables mettaient sur pied les jeux qui régalaient grands et petits: courses de sacs, mât de cocagne, casse-pot, courses à la cuillère et à l'œuf

A une autre époque, le clou du spectacle du dimanche après-midi consistait à voir évoluer sur le stade les célibataires du village, contre les mariés. Le ballon pouvait être rond ou ovale selon les années. Parfois, cette rencontre opposait Lestelle à Montaut. Malgré la notion de derby, cette amicale confrontation se passait normalement entre gens de bonne compagnie. La foule se pressait très dense autour de la main courante pour assister à de l'inédit. Ici, pas de livre des records, mais la mémoire de certains nous révèle que le joueur ayant passé le moins de temps sur le terrain se nomme Claude LARTIGUE, terrassé par un claquage, en cours de partie (au bout de 25 secondes), suite à un tacle appuyé et meurtrier d'un adversaire qui se reconnaîtra, mais par respect pour son fair-play habituel je ne nommerai pas. D'autres se souviennent que le grand René de chez BAZAILLAC était impérial en touches, privant l'adversaire de munitions importantes.

Autre manifestation très prisée: la course cycliste réservée aux non licenciés. On parle encore, dans nos chaumières, des facéties de Xavier NICOLAU et de Firmin ARIS, personnages hauts en couleur de notre commune. L'inénarrable Firmin passait toujours en tête devant la place à chaque tour d'une course se déroulant sur un circuit délimité par les deux croix situées rue du Béarn et rue Gaston de Foix. Firmin empruntait une rue perpendiculaire (rue Delettre) avec le consentement ( ?) des autres compétiteurs afin de passer en leader sur la ligne de la Place St-Jean. Ces jeunes gens, la course terminée laissaient officier les minimes et les cadets. La course organisée par le V.C. Lestellois voyait les meilleurs licenciés de la région en découdre dans notre village. Au palmarès figure notamment Guy DOLHATS, fils d'Albert DOLHATS, dont les aficionados du cyclisme se souviennent qu'il fit dans les années 1956/1958 le Tour de France dans l'équipe Ouest-Sud-Ouest avec Marcel QUEHEILLE, Valentin HUOT et autre Tino SABBADINI...

Ainsi étaient nos fêtes d'antan! Et on rigolait bien...

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Debout de gauche à droite : Claude Magendie, Alain Boiteau, Jean Labache, François Rolland, Jean-François Cazenave-Lasbats, Pierre Nicolau, Jean Bordes, René Gaye, Jean Peytrain, Michel Larrieu et Jean Péré
Accroupis de gauche à droite : René Bordes, Jean Larrousse, Georges Magendie, Laurent Sépé, Francis Péré, Joseph Labbate, Michel Camborde, Michel Cazenave-Lasbats et Michel Duclos

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