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L'aventure treiziste à Lestelle...
L'athlète au Mains Nues
Du temps où les Isards ne couraient pas qu'en altitude

L'aventure treiziste à Lestelle...

1971 : La jeunesse qui ne pratiquait pas le football au sein des fameux Isards Lestellois s'ennuyait. Pour tromper leur ennui, une quinzaine de garçons décida de se lancer dans l'aventure sportive en s'engageant dans le tournoi départemental rural de hand-ball organisé par la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports. Pour une première participation, ce fut une réussite puisque le groupe atteignit la finale qu'il perdit face à l'équipe d'Andoins. L'année suivante "Les cousettes" faisaient leur apparition et étaient engagées dans le tournoi féminin. Dès lors le groupe devenait important, d'autant qu'une deuxième équipe garçons était elle aussi engagée. Il fallait donc structurer le groupe et créer une association, ce qui fut fait le 16 février 1973 : L' Avant Garde Lestelloise était née.

Et puis vint le printemps. Jacques Moissonnié, Président fondateur de l'association, reçut la visite de Fernand Soubies, vice-président de la Fédération Française de Jeu à treize, qui lui proposait d'engager une équipe dans la catégorie promotion.

Du treize à Lestelle, entre Lourdes et Pau, bastions quinzistes, quelle gageure! ... Encore que... Le Stade Nayais avait remporté le titre national amateur en 1954. Il y avait dans la plaine de Nay, donc près de Lestelle, une fibre treiziste. Le Comité directeur de l'A.G.L. ne fut pas hostile à la proposition émanant de la F.F.J. XIII et décida de prospecter pour voir si le projet proposé était réalisable. Créer une section Jeu à treize au sein de l'A.G.L. permettrait de proposer à la jeunesse de Lestelle et des environs une discipline sportive autre qui ne pourrait que valoriser ses pratiquants, tant la dite discipline était, certes virile, mais surtout loyale et exigeante.

Une réunion publique d'information fut organisée à la mairie de Lestelle, en présence de Fernand Soubies et du Conseiller technique régional de Jeu à treize, Molinier. Peu de volontaires se mirent en avant: peu importait, on verrait bien ... La section fut créée avec à sa tête le docteur Jacques Labarthe comme Président et Pierre Bousquau Vice-Président. Le bureau Jeu à XIII existait; mais les Joueurs . ...

La première licence enregistrée fut celle de Jean-Pierre Cazajous, pilier ou talonneur qui venait de Nay ; 25 autres joueurs suivirent, venant essentiellement de Lestelle ou Montaut.

Le premier match amical à Escoubes fut le début d'une grande aventure.

La saison 1973-74 voyait l'équipe se qualifier pour la phase finale du championnat de France promotion : élimination face à Muret.

En 1974-75, création d'une équipe "cadets" ; l'équipe première est éliminée en seizième de finale, mais remporte la coupe des Pyrénées "Jean Dougnac".

En 1975-76 l'équipe est engagée en troisième division et se classe deuxième de sa poule mais est battue en seizième par l'équipe de Barie. Suite à une bagarre générale, la demi-finale du championnat des Pyrénées qui oppose l'A.G.Lestelle à Aspet, dure 71 minutes au lieu des 80 réglementaires; la commission de discipline du comité, des Pyrénées décide de faire rejouer le match; craignant de nouveaux incidents, le comité directeur de l'A.G.L. et les joueurs refusent de rejouer et cèdent leur place à Ogeu XllI qui remporte le titre.

En 1976-77 l'A.G.L. est éliminée en huitième de finale du championnat de France mais remporte le titre de Champion des Pyrénées face à... Aspet.

En 1977-78 le nombre de licenciés augmente; il faut donc créer une Equipe réserve qui est engagée dans le championnat promotion tandis que l'équipe première évoluera en championnat de troisième division dont elle disputera la finale à Auterive, face à Ornaisons qui remporte le titre.

En 1978-79 l'équipe réserve termine brillamment la saison en s'adjugeant la coupe des Pyrénées. "Vice - Champion de France" de troisième division, l'équipe première évolue dans la catégorie supérieure, les matches de classement permettent à l'équipe de se roder et de finir première de sa poule. Par ailleurs elle se qualifie pour la demi-finale de la coupe de France qu'elle perd face à Carcassonne XllI. Après un quart de finale de toute beauté face à Villeneuve XllI, les poussins Lestellois éliminent les rugueux catalans du Barcarès en demi et l'A.G.L. retrouve Aspet pour la fmale de deuxième division à Saint Gaudens. .. le titre est perdu mais l'accession en première division est acquise; pourtant la montée ne se fera pas : ... les finances...

En 1985 la revue officielle de la Fédération treiziste dans Bon édition d'avril 85 consacre son titre au "levain de l'espoir de Lestelle-Bétharram". Marcel Péré notait qu'autour des trois derniers éléments de la "grande époque" (Hourcastagné, Lagües et Jean Aubiès-Lacrouts), une équipe de jeunes - dont quatre juniors et un cadet" jouait pour une place qualificative.

Bernard MAIRE

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Debout gauche à droite
Jean-Claude HERRAN, Michel PONCET, Robert CARDY, Francis MINVIELLE, Gérard SARTHE, Roland LAGÜES, Georges BERGÉ, Jean-Pierre CAZAJOUS.

Accroupis. de gauche à droite
Jean-Michel BOUSQUAU, Marcel PÉRÉ, Michel CAZENAVE, Jacky VARIS, Yves PÉRÉ, Francis PÉRÉ et Gérard BIRADOM.

L'athlète au Mains Nues

L'ATHLETE aux MAINS NUESCe titre est celui du film tourné dans les débuts des années cinquante, en Pays Basque et en Béarn, à cette époque où la couleur n'envahissait pas encore les écrans en CinémaScope. En noir et blanc, avec un seul acteur professionnel Olivier MATHOT incarnant le rôle de Saint Michel GARICOÏTS. Les autres acteurs? Des figurants locaux et bon nombre de nos concitoyens de l'époque ont participé à la réussite de ce long métrage, notamment le Père FOURCADE, jeune séminariste à cette époque.

Origines et premières armes

Le scénario relate la vie de Michel GARICOÏTS né en Pays Basque après la Révolution en 1797 dans une famille humble où les prêtres réfractaires trouvent refuge. Afin d'endosser ce sacerdoce, il est à la fois étudiant et domestique. L'ordination effectuée, il continue de pratiquer son sport favori: la pelote et ses camarades de jeunesse restent ses partenaires ou adversaires pour des parties enlevées et âprement disputées.
A CAMBO, où il est vicaire, la silhouette du jeune prêtre pacificateur s'élève au-dessus des passions furieuses. Michel, quelques années plus tard, devient Supérieur du Séminaire de BETHARRAM en même temps qu'il est aumônier du couvent des Filles de la Croix. En 1830, la Révolution gronde dans la rue, un vent de révolte se fait sentir partout dans le Pays. Pour aider à relever les ruines matérielles et morales, il projette de grouper des hommes dépouillés de tout qui se lanceraient dans des œuvres dont les autres ne veulent pas. Mais l'évêque, Monseigneur d'ARBOU informé de ses intentions, freine les ardeurs de Michel GARICOITS. Monseigneur l.ACROIX, son successeur, lui donnera le feu vert.

L'athlète en action

A partir de ce moment, il crée des écoles primaires et secondaires, des patronages, des centres d'apprentissage, des ateliers... Il n'hésite pas à chérir les petits, les humbles et les défavorisés. Néanmoins, au gré de ses déplacements nombreux effectués en diligence ou en chemin de fer, voire à cheval, Michel GARICOÏTS continue de pratiquer la pelote basque. Au fil du temps, l'athlète s'use et l'évêque le destitue. Il se sent abandonné et meurt au milieu de ses proches bouleversés le 14 mai 1863, fête de l'Ascension.

Ce film sera considéré comme un événement dans l'art religieux, touchant au mystère des rapports entre DIEU et les âmes. D'où l'appréciation de Monseigneur RlCHAUD, Archevêque de BORDEAUX, déclarant "On ne saurait, en tout cas, que féliciter les Pères de Bétharram d'avoir fait connaître par une telle audace cinématographique la physionomie saisissante de leur Saint Fondateur."

Pour les cinéastes avertis, signalons que le scénario et les dialogues sont de Benjamin BORDACHAR, et la Production d'AVE Films qui a pris la suite de VEGA-Films. On reconnaît à cette dernière un certain nombre de films en Afrique et en Thaïlande. Actuellement, AVE Films est mise volontairement en sommeil. Sa durée initiale compte 105 minutes. La copie visionnée ne comporte que 80 minutes, certaines séquences ayant été supprimées.

En marge du film

Hélés par Michel GARlCOÏTS, on reconnaît avec plaisir le meunier du village et son cheval qui conduisent le Saint Homme à Igon.

Du temps où les Isards ne couraient pas qu'en altitude

Nommé curé de LESTELLE-BETHARRAM le 30 août 1953, le Père Jean LABORDE-TURON veut communiquer sa joie de vivre, son dynamisme et sa passion à ses paroissiens. Quelques quarante années plus tard, je l'ai rencontré flanqué du goal et de l'avant-centre de son « équipe». Le créateur des Isards se souvient. Au fil de la discussion, son regard s'illumine, on imagine ce prêtre plus jeune, plein de vitalité, fier de ce sport et de ses élèves. Il aura un mot gentil pour chacun d'entre eux à la vue des phots en noir et blanc, vieillies par ces années passées dans des albums ou des tiroirs, mais qui, pour notre grand bonheur, réveilleront tant d'anecdotes et de bons souvenirs.

Dès 1954, les Isards de Bétharram voient le jour. La dénomination provient de la colonie de vacances "Les Isards de Bétharram" située à Arthez d'Asson et gérée de mains d'orfèvre par le Père Albert PRIM. C'est là que l'idée germe de créer une équipe de foot ! Mais ces Isards-là cèderont vite la place à l'appellation "Les Isards" de Lestelle-Bétharram. Jean LABORDE-TURON démarre avec les jeunes qui suivront la filière logique: minimes, cadets, juniors et seniors. L'aventure démarre, et quelle aventure!

D'abord, pour jouer, il faut de l'effectif et un terrain. Les joueurs, le Père LABORDE-TURON les trouve facilement. Quant au terrain, un champ situé derrière la ferme de Jules GUICHOU fera l'affaire. C'est même Byzance, puisque la grange, gracieusement mise à disposition par les propriétaires, fait office de vestiaires et le point d'eau destiné à alimenter les vaches sert de douche collective. Ensuite, les Chamois joueront sur un pré jouxtant la propriété de Lambert BERDUCOU. Ils démontreront leur talent également sur le terrain de Saüx (prononcer Saousse) et la municipalité de M DUBERTRAND aménagera le terrain voisin du fronton.

Les déplacements? Les villageois donnent un coup de main. Sidoine SAUBATTE offre sa 11 CV Citroën, Pierre BOUSQUAU prête son fourgon Renault gris « cabine avancée ».La traction reste célèbre et l'un de ses pilotes aussi. Pierrot DAQUO, un dimanche, prend le volant pour aller chercher deux retardataires à St Pé de.Bigorre, dont les Isards ont le plus grand besoin, afin de se compter 11. Hélas, arrivé à proximité de la scierie de Montaut, c'est l'accident. Il faut dire que dans la précipitation, Pierrot prit le volant en tenue de footballeur, chaussures à crampons aux pieds !

La compétition? Elle démarre en Coupe des Vignerons, à l'initiative de l’abbé CABANNE, curé d'Aubertin. Les souvenirs tombent drus, c'est l'époque du patronage et les Isards sont soutenus par un public fidèle, de même que par des dirigeants dévoués auprès du Père LABORDE-TURON, tels Loulou LASSALLE et sa famille, Alphonse MENDIBOURRE notamment. Le brave curé de Lestelle s'enflamme pour ses petits et devient, tel Roger COUDERC, le chantre du village. N'annonce t'il pas aux paroissiens, à l'issue du sermon et après avoir prononcé le "ite missa es" les rencontres de l'après-midi? Entre vêpres et complies, la journée est bien remplie pour les adeptes du ballon rond. Certains joueurs se
plaisent à raconter les exploits du Père Jean, arbitre à l'occasion, suivant les aléas dominicaux. Impartial, compétent, il l'est notre curé, mais il est parfois fâché avec le chronomètre. Ainsi, à Billère, alors qu'il restait 8 minutes à jouer, sa tocante lui ordonne de siffler la fin du match. Les joueurs, les dirigeants, les supporters locaux restent médusés et crient à l'injustice. Le Père LABORDE fait mine d'avoir oublié cet incident de parcours, se ravise et rétorque malicieux "Ne faut-il pas d'abord prêcher pour sa propre paroisse?" L'équipe progresse, se renforce et participe au Championnat District des Pyrénées, puis en Ligue. Mieux, les Isards obtiendront après un parcours homérique, le droit de jouer la finale de la Coupe des Pyrénées. Pour y accéder, ils écartent de la compétition les Bleuets de Pau, les Croisés de Bayonne et l'Aviron Bayonnais. Ils s'inclineront 2 à 1 en finale à Bordes contre Gélos. Ils accèderont en 1971, à un niveau jamais atteint, à savoir, la PROMOTION LIGUE.

A l'énoncé de ces rencontres, le Père LABORDE-TURON s’y revoit. On sent chez cet homme aujourd'hui âgé de 92 ans, de la fierté, de la nostalgie et de son désir de dire que si c'était à refaire, bien sûr, il le referait! Son départ vers Bordeaux, en 1965, verra le Père PECOSTE lui succéder dans son ministère religieux et sportif. "Le Père PECOSTE était aussi passionné que moi" constatera-t'il, mais en 1973 verra la fin du football à LESTELLE-BETHARRAM. Mais, pour le Père LABORDE- TURON, sa grande satisfaction c'est que dans chaque foyer du village il y avait un Isard Pour avoir conversé deux heures, je sais que dans le cœur de l'ancien curé footballeur chacun y conserve une place de choix. Et pourquoi pas toi, qui es un ancien Isard ne rends-tu pas visite au Père LABORDE- TURON, afin d'évoquer avec lui des souvenirs toujours présents à sa mémoire?

Michel CORSINI
Extrait du bulletin municipal d’Octobre 2002

http://www.lestelle-betharram.fr/histoire/chroniques/lestelle-izards.jpg

1er rang accroupis : J Sépé, G. Boiteau, Frêre Alexandre, M Pérez, M Cazenave, M Questroy, P. Eruso.
2ème rang : L. Lassalle, B. Larrieu, M Nicolau, JF Cazenave, R Bazerque, JP. Soulem, F Roland, J Vignau, J Pécoste

 

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